François Hollande: les points clés de son intervention sur TF1

François Hollande était dimanche 15 septembre l’invité de Claire Chazal sur TF1. Le président de la République, qui n’était pas intervenu à la télévision depuis le 14 juillet, a longuement exposé sa position sur le dossier syrien. Il a par ailleurs fait un certain nombre d’annonces sur le budget 2014, et la transition énergétique. Il s’est enfin exprimé sur les propos polémiques de François Fillon en vue des municipales de 2014, et le fait-divers du bijoutier Niçois qui avait abattu l’un de ses agresseurs alors qu’il prenait la fuite.
«Ce qui se passe en Syrie, c’est la tragédie la plus grave de ce 21e siècle», a déclaré François Hollande. Et d’insister sur le nombre de morts: «1500 civils hommes, femmes et enfants». Pour lui, les événements de ces derniers jours, notamment concernant l’accord russo-américain sont un progrès: «Bachar Al-Assad ne reconnaissait même pas il y a encore quelques jours qu’il détenait des armes chimiques», a-t-il rappelé. Le président a tenté de balayer les critiques sur l’impression d’emballement à l’encontre de la Syrie, en insistant sur le fait que cela a «forcé» la Russie à sortir de son veto.
Mais François Hollande a aussi tenu à dire que ce n’était pas le moment de retirer les troupes françaises. Cet accord: «n’est pas un point d’arrivée», a-t-il expliqué, tout en insistant sur le fait qu’il «faut intégrer la menace de sanctions». Pour couper-court aux critiques selon lesquelles il serait inféodé aux Etats-Unis, François Hollande a tenu à montrer qu’il restait impliqué de très près dans l’élaboration d’une sortie de crise. Il a ainsi annoncé que Laurent Fabius allait recevoir dès lundi ses homologues américain, John Kerry et britannique, William Hague, pour «mettre en forme la résolution qui sera soumise au Conseil de sécurité».
«Le rapport des inspecteurs de l’ONU aura des conséquences», a-t-il néanmoins averti, jugeant par ailleurs le calendrier arrêté par les Etats-Unis et la Russie pour démanteler l’arsenal chimique de Damas comme «ambitieux». Mais pour lui, l’essentiel, c’est d’avoir amené la Russie à participer plus activement à une résolution de la crise syrienne, et d’avoir débloqué le Conseil de sécurité: «La meilleure façon de nous faire confiance est de passer devant le Conseil de sécurité».
Une solution politique est nécessaire
«Pour la France, les représentants de la Syrie, c’est l’opposition démocratique, pas les djihadistes», a déclaré le président de la République, afin de justifier son choix de ne pas directement intervenir sur le terrain pour déloger Bachar Al-Assad. «Il ne faudrait pas installer ceux que l’on considère comme aussi dangereux que Assad», a-t-il insisté. Pour François Hollande, ce qui compte désormais, c’est qu’une solution politique se dégage rapidement: «Nous pourrions faire voter cette résolution avant la fin de la semaine», a-t-il espéré, pour une solution politique qui pourrait être arrêtée dès la fin de l’AG de l’ONU fin septembre. Quant à la question des réfugiés syriens: «Nous devons prendre notre part», a-t-il lâché. Et d’insister sur la nécessité de trouver une solution politique afin d’éviter qu’il n’y ait plus de syriens qui choisissent de s’exiler.
Budget 2014, chômage, emploi
Interrogé sur ses chances d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année, François Hollande a estimé être «prêt du but». Les impôts, quant à eux, vont subir quelques ajustements au premier janvier: ainsi la TVA va passer de 19,6% à 20%, et le taux intermédiaire sera relevé de 7% à 10%. Le président a par ailleurs annoncé une hausse limitée de 0,15% des cotisations retraites, ainsi qu’un «plafonnement» du quotient familial. En contrepartie, Hollande a indiqué que le barème de l’impôt sur le revenu sera ré-indexé sur le coût de la vie – une mesure qui pourrait faire descendre d’une tranche certains revenus. Il a aussi expliqué que les premières tranches du barème seraient «allégées». Surtout, il a souligné qu’«aucune taxe nouvelle ne sera introduite» en 2014. Quant à la re-fiscalisation des heures supplémentaires, François Hollande a annoncé qu’il avait l’intention de les dé-fiscaliser pour la partie touchée par les salariés.
Transition énergétique
«Ce n’est pas rendre service à l’écologie que de la réduire à des impôts», a jugé le président, insistant, à propos des dissensions entre lui et les membres écologistes du gouvernement qui souhaitaient créer une taxe sur le diesel jugé trop polluant, que «la priorité c’est la France». Il a repoussé à 2015 la contribution énergie-climat, qui devait notamment introduire cette taxation nouvelle sur les carburants diesel. Et de marteler: «tout nouvel impôt sur l’écologie doit trouver sa contrepartie dans un impôt qui baisse».
Polémique autour des déclarations de François Fillon
«Il y a des digues, il y a des règles, il y a des principes», a estimé François Hollande. Et de rappeler: «J’ai appelé à voter Chirac en 2002, et je ne le regrette pas […] ce qui rassemble [la classe politique, ndlr] c’est un concept commun de la France et de la démocratie. C’est mon rôle de le rappeler».
Affaire du bijoutier niçois
Le président a insisté sur la nécessité de laisser la justice faire son travail, et de ne pas laisser penser que l’on puisse se faire justice soi-même: «C’est à la justice de faire justice, et pas à qui que ce soit d’autre», a-t-il estimé. Tout en insistant sur le fait que l’Etat doit faire plus en matière de sécurité: «nous mettrons tous les moyens», a conclu François Hollande.

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