Les chiffres ne mentent jamais : plus de 70% des particuliers investissant sur des produits à effet de levier perdent de l’argent. Pourtant, chaque jour, de nouveaux investisseurs tentent l’aventure des turbos, attirés par des promesses de gains accélérés, mais parfois aveuglés par la mécanique réelle de ces produits. Avant de plonger tête baissée, mieux vaut saisir ce qui se cache sous le capot d’un turbo boursier.
Vous avez peut-être déjà croisé le mot turbo en feuilletant une plateforme de trading ou en discutant avec un conseiller. Peut-être même avez-vous misé quelques billets dessus, sans pour autant saisir toutes les subtilités de ce produit financier. Pour remettre de l’ordre dans tout ça, penchons-nous sur ce qui compose un turbo et les risques qui vont inévitablement avec. Pour la petite histoire, le turbo a vu le jour en Europe au début des années 2000, et la France l’a officiellement adopté en 2003. Derrière ces instruments, on retrouve de grands noms comme Société Générale, BNP Paribas, Commerzbank ou Citigroup.
Depuis octobre 2019, un acteur a rebattu les cartes en lançant les Turbo24 : IG propose désormais une version modernisée de ce produit, avec des caractéristiques qui bousculent la donne par rapport aux turbos classiques.
Le concept de Turbo
En pratique, le turbo est un produit à effet de levier. Il s’échange sur Euronext et figure dans un compartiment réservé aux produits dérivés. L’effet de levier, c’est la possibilité d’amplifier les gains… ou les pertes. Imaginez miser sur une hausse de 5% d’une action et voir votre turbo bondir de 50% : alléchant, n’est-ce pas ? Mais la réciproque est tout aussi vraie, et ça, il ne faut jamais l’oublier.
Afin de décortiquer le fonctionnement d’un turbo, rien ne vaut un schéma explicite :
Sur ce visuel, un élément saute aux yeux : la barrière de désactivation. Pour faire simple, franchir cette limite revient à voir son investissement fondre intégralement. Si le sous-jacent vient effleurer cette barrière, tout est perdu, sans appel. Certains investisseurs se disent alors qu’il suffit d’acheter un turbo très éloigné de cette frontière fatidique pour éviter la catastrophe.
Effectivement, écarter la barrière réduit la probabilité de tout perdre. Mais il y a un revers à la médaille : plus le turbo est éloigné de sa barrière de désactivation, plus le levier s’amenuise. Autrement dit, le potentiel de gain diminue d’autant.
Regardons la situation à travers deux investisseurs. L’un achète un turbo alors que le sous-jacent frôle la barrière de désactivation, l’autre préfère attendre que le cours s’éloigne un peu de cette zone à risque. Si le prix du sous-jacent grimpe de 5%, le premier peut enregistrer un gain de 50%, tandis que le second, plus prudent, devra se contenter de 10%. L’écart de performance provient tout simplement du fait que le levier grossit à mesure que le prix se rapproche de la barrière. Mais ce n’est jamais un cadeau : s’approcher de la barrière, c’est aussi s’exposer à la chute brutale, parfois en quelques minutes à peine.
Calculer le prix d’un turbo
Une fois le principe assimilé, il reste à comprendre comment calculer le prix d’un turbo et à mesurer les risques que l’on prend. Pour illustrer, prenons un exemple concret. Supposons que l’action X, notre sous-jacent, traverse une phase de baisse pour s’établir à 11€, puis rebondit au-delà de 15€. Sur ce marché, l’intermédiaire Y propose un turbo dont voici les paramètres :
Deux notions sont à connaître : le niveau de financement, c’est la part prise en charge par l’émetteur du turbo, et la parité, qui correspond au nombre de turbos nécessaires pour répliquer une unité du sous-jacent.
Imaginons que vous achetez le turbo alors que l’action X vaut 11€. Le calcul du prix est alors le suivant : (Cours de l’action X, niveau de financement) / parité = prix du turbo. Dans notre cas : (11€, 10€) / 1 = 1€.
Le turbo s’échange donc à 1€ lorsque l’action X est à 11€ sur le marché.
Si le cours grimpe à 13€, refaites le calcul : (13€, 10€) / 1 = 3€. La valeur du turbo atteint alors 3€. Vous avez investi à 1€, vendu à 3€ : soit une progression de 200%. Pendant ce temps, l’action X n’a progressé que de 18%. Le turbo joue donc pleinement son rôle d’amplificateur de performance… à condition que le marché évolue dans le bon sens.
Mais prudence. Si le cours de l’action X retombait à 10€, soit une baisse de 9%, la barrière de désactivation du turbo serait franchie et votre mise serait totalement effacée. L’effet de levier ne fait pas de sentiment : il peut offrir de belles perspectives comme tout balayer en un clin d’œil.
Un effet de levier qui varie selon le timing
Reprenons le scénario avec une autre approche.
Cette fois-ci, vous attendez que l’action X remonte un peu avant d’acheter le même turbo. Vous passez à l’action lorsque le titre s’échange à 12€.
Le calcul donne alors : (12€, 10€) / 1 = 2€.
En achetant le turbo à ce moment, vous déboursez 2€. Si vous revendez lorsque l’action X atteint 13€, votre turbo vaut 3€. Le gain ici est de 50%, bien moindre que l’opération précédente, alors que l’action X n’a progressé que de 8%. En revanche, votre prise de risque s’est allégée : pour atteindre la barrière de désactivation, il aurait fallu que le titre chute de plus de 16%.
D’autres facteurs qui modifient le prix
Plusieurs paramètres influencent la valeur du turbo. Parmi eux figurent le taux de financement appliqué par l’émetteur, le taux de change si le sous-jacent et le turbo ne sont pas libellés dans la même devise, ou encore la prime de risque qui peut apparaître lors du passage d’une séance à l’autre.
Un point à retenir : le turbo a une date d’échéance, généralement de quelques mois. Si le cours du sous-jacent stagne sur cette période, le prix du turbo tend à s’éroder petit à petit, du fait du coût de financement. Ce phénomène s’explique simplement : l’intermédiaire, en portant le niveau de financement pour vous permettre d’investir, applique des intérêts qui grignotent la valeur du turbo au fil du temps. De plus, si vous optez pour un turbo coté en euros alors que l’actif sous-jacent est coté en dollars, l’évolution de la parité euro/dollar impactera directement le prix du turbo.
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Le prix du sous-jacent peut rester figé, le turbo, lui, s’amenuise à cause du taux de financement. Cette mécanique vient du fait que l’émetteur assume le financement et se rémunère en conséquence. Si votre turbo est en euros et que le sous-jacent s’échange en dollars, gardez à l’œil l’évolution des monnaies : le moindre écart euro/dollar se répercute instantanément sur votre produit.
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