La loi n’a jamais été écrite pour suivre le rythme des volutes de fumée, surtout lorsqu’il s’agit de CBD. Pourtant, en Italie, le commerce du cannabis léger s’est taillé une place dans le cadre légal, même si son usage reste une zone grise. Voici ce que dit vraiment la législation en 2019 sur le CBD fumé dans la rue.
En Italie, l’achat de gazon léger est légal, mais son utilisation comporte des limites. Voici ce que la loi impose en 2019 concernant le tabagisme et ce qu’est la marijuana légale en Italie.
Est-ce que fumer de l’herbe (légère ou non) est légal en Italie ?
La marijuana légale, en Italie, correspond à la variété de cannabis sativa dont le taux de THC ne dépasse pas 0,2 %. C’est le fameux cannabis léger, celui qui ne fait pas planer mais qui intrigue.
La loi n° 242 du 2 décembre 2016 a ouvert la voie à la production et à la commercialisation de cette plante sous sa forme “légère”, autorisant explicitement vente et achat de CBD et sa détention. Pourtant, l’utilisation récréative demeure un terrain flou : ni vraiment tolérée, ni franchement interdite.
Ce paradoxe s’explique par l’existence de la loi Fini-Giovanardi du 21 février 2006, qui encadre la consommation de stupéfiants. Mais ici, le cannabis allégé n’est pas défini comme une drogue, n’ayant pas d’effet psychoactif. Résultat : la réglementation laisse un vide, et l’interprétation revient aux autorités face à chaque situation.
Pour illustrer la diversité de l’offre, voici quelques variétés de cannabis légal proposées sur le marché italien :
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GORILLA GLUE
Culture intérieure | CBD CBDA < 22%
Note : 4,67 sur 5
Disponible en 3, 5, 10, 20, 50, 100 g
À partir de 4,70 €/g -
DO SI DOS
Culture intérieure | CBD CBDA < 22,5%
Note : 4,67 sur 5
Disponible en 3, 5, 10, 20, 50, 100 g
Fête à 4,30 €/g -
ORANGE SKUNK
Culture sous verre | CBD CBDA < 18,5%
Note : 4,63 sur 5
Disponible en 3, 5, 10, 20, 50, 100 g
Fête à 3,30 €/g -
MANGO HAZE
Culture sous serre | CBD CBDA < 19,5%
Note : 4,44 sur 5
Disponible en 3, 5, 10, 20, 50, 100 g
À partir de 3,10 €/g
La détention de cannabis, qu’il soit légal ou psychoactif, n’entraîne plus de sanction pénale pour usage personnel. En revanche, l’usage récréatif expose à des sanctions administratives.
La prudence reste donc de mise. Ceux qui consomment de la marijuana, sous n’importe quelle forme, devraient s’en tenir à une utilisation dans la sphère privée.
Un contrôle policier ? Il peut avoir des conséquences concrètes. Voici ce que vous risquez :
- Conduire après avoir fumé ou consommé du cannabis (légal compris) peut entraîner la suspension du permis de conduire, du certificat professionnel de conduite ou du certificat d’aptitude à conduire un cyclomoteur. Même sans être au volant, une vérification peut bloquer l’obtention de ces titres pendant trois ans.
- Le port d’armes ou l’accès à ce droit peuvent être suspendus ou refusés.
- Le passeport et les documents équivalents peuvent être suspendus ou refusés.
- Pour les non-Italiens, le permis de séjour touristique peut être suspendu ou refusé.
En résumé, même fumer des inflorescences de CBD ou du haschisch issu de variétés légères, si c’est constaté par la police ou la Guardia di Finanza, relève toujours d’une infraction administrative, car la loi 242 ne tranche pas sur ce point.
Mais après un contrôle, que se passe-t-il ?
En Italie, fumer de la marijuana reste interdit. Que se passe-t-il après un signalement ?
Une infraction signalée conduit à une convocation à la préfecture, à une date fixée. À ce moment-là, deux issues se dessinent :
- Un avertissement formel de ne plus consommer de substances.
- L’application des sanctions prévues pour l’infraction (voir ci-dessus).
La décision n’appartient pas à l’agent sur le terrain, mais à l’administration. En pratique, pour une première infraction et si le dossier est vierge, l’avertissement est souvent privilégié. Mais l’arbitraire reste possible, tout dépend du contexte et de la personne en face.
Parfois, la police se contente de confisquer le cannabis si la variété est psychotrope, accompagnée d’un simple rappel à l’ordre. D’autres fois, surtout pour l’herbe légère (identifiable grâce au reçu et à l’emballage), les forces de l’ordre ferment les yeux.
Pour en savoir plus sur le coût du cannabis léger, il suffit de consulter : « Le prix de l’herbe légale en Italie et dans le monde ».
Fumer du cannabis : interdit dans la rue, toléré chez soi ?
La loi italienne reste claire : fumer de la marijuana hors du domicile n’est pas permis. Pour l’herbe légale, seule la consommation est en cause, puisque culture, vente et possession sont autorisées. Pour la marijuana à fort taux de THC, tout usage, transport ou culture demeure prohibé.
Beaucoup consomment du CBD en le fumant, seul ou avec du tabac, bien que les autorités ne le justifient pas. Chez soi, personne ne vérifie. La discrétion du foyer reste, pour l’instant, la meilleure garantie.
En revanche, dans l’espace public, difficile de passer inaperçu. Les arômes, parfois puissants, parfois subtils, trahissent rapidement la nature du produit. Impossible de confondre un joint avec une cigarette classique : la forme et l’odeur ne trompent pas.
Voilà pourquoi beaucoup préfèrent rester prudents et se limiter à un usage privé.
L’Italie n’a pas encore sauté le pas de la légalisation totale, comme le Canada ou certains États américains. En attendant, il vaut mieux respecter les usages indiqués sur les emballages de CBD ou, si l’envie est trop forte, se limiter à la maison, loin du regard des autorités.
Le débat reste ouvert, la législation oscille, mais les consommateurs avertis savent que la rue n’est pas le lieu où s’allume la liberté du CBD en Italie. Qui sait, peut-être qu’un jour, la loi rattrapera la réalité du terrain ?







