Vous avez probablement entendu parler d’options dans le jargon financier. Mais savez-vous ce que c’est exactement ? Avez-vous une idée de comment cela fonctionne et comment l’utiliser ? MyLife vous donne les clés de la compréhension.
Une option, concrètement, c’est un contrat qui accorde à l’acheteur un droit après paiement d’une prime. Ce droit lui permet d’acheter ou de vendre, à un prix fixé à l’avance, le fameux « prix d’exercice »,, une quantité déterminée d’un actif sous-jacent (action, indice, devise, matière première…) sur une période ou à une date précise.
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Pour rendre la mécanique plus claire, imaginez cette scène : une personne souhaite acquérir une voiture d’occasion affichée à 5 000€, mais son budget ne sera disponible que dans deux mois. Elle négocie donc avec le vendeur le prix et la durée de réservation. Pour garantir cette possibilité d’achat, elle verse 400€ de prime. À ce stade, l’acheteur dispose alors d’un choix :
- acheter la voiture à 5 000€ dans le délai convenu ; dans ce cas, le vendeur doit lui remettre le véhicule, sans se désister,
- ou bien renoncer à l’achat : il perd alors les 400€ versés, mais n’est pas obligé d’aller au bout de la transaction.
Voilà, le principe d’une option financière n’est pas si éloigné. L’investisseur paie une prime pour s’assurer la liberté d’acheter ou de vendre un actif à un prix déterminé, selon l’évolution du marché. Il garde la main sur la décision d’exercer ou non son droit, selon ce que dicte la conjoncture.
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L’un des intérêts majeurs des options : elles donnent la possibilité d’agir uniquement si le contexte est favorable. L’investisseur ne s’engage pas aveuglément, il attend de voir si le marché lui sourit avant d’aller plus loin.
Deux types d’options, deux logiques d’investissement
Dans l’univers des options, il existe deux grandes familles qui structurent les stratégies d’investissement :
- L’option « Call » (ou option d’achat), qui permet d’acheter un actif sous-jacent à un tarif fixé à l’avance pendant une période ou à une échéance précisée,
- L’option « Put » (ou option de vente), qui permet de vendre cet actif à un prix déterminé, toujours dans un laps de temps prédéfini.
À chaque type d’option correspond une attente de marché. En misant sur un « Call », l’investisseur parie sur une hausse de l’actif sous-jacent. Avec un « Put », il anticipe au contraire une baisse, et protège ainsi la valeur de son portefeuille.
Reprenons l’exemple de la voiture. L’acheteur a versé une prime de 400€ pour l’option d’achat. Si, avant la date limite, la voiture prend de la valeur (réparations, embellissements, hausse du marché) et que sa cote grimpe à 6 000€, il exerce son option : il achète à 5 000€, réalise une bonne affaire et le vendeur doit honorer sa promesse. Mais si la voiture se détériore et que sa valeur tombe à 4 500€, l’acheteur laisse filer : il ne débourse que la prime, sans se retrouver coincé avec un achat peu judicieux.
Autre scénario, cette fois avec une option de vente (« Put »). Un investisseur détient des actions et craint une baisse du cours. Il se protège en souscrivant une option qui lui garantit de pouvoir vendre ses actions à 50€, même si le marché chute. Si le cours descend à 45€, il exerce son droit et limite sa perte. Mais si le titre grimpe à 55€, il laisse simplement l’option expirer : mieux vaut vendre sur le marché au prix fort que d’activer le contrat d’option.
Petit lexique : « être dans la monnaie »
Quand exercer son option devient intéressant ? Les professionnels parlent d’une option « dans la monnaie » : le prix de l’actif dépasse le prix d’exercice pour un « Call » (ou lui est inférieur pour un « Put »). À l’inverse, si l’opération ne présente aucun avantage financier, on dit que l’option est « hors de la monnaie ». Et quand les deux prix sont quasiment identiques, elle est dite « à la monnaie ».
Bon à savoir : toutes les options ne se valent pas en matière de flexibilité. Les options dites « américaines » peuvent être exercées à n’importe quel moment avant l’échéance, tandis que les options « européennes » ne sont activables qu’à la date butoir.
| RÉCAPITULATIF | |
|---|---|
| Option | → Contrat financier |
| Call | → Option d’achat |
| Put | → Option de vente |
| Actif sous-jacent | → Action, indice, devise, matière première, etc. |
| Prix d’exercice | → Prix fixé dans le contrat pour acheter ou vendre l’actif |
| Date d’expiration | → Dernier jour possible pour exercer l’option |
| Prime | → Prix de l’option |
| Dans la monnaie | → Exercer l’option est avantageux |
| Hors de la monnaie | → Exercer l’option n’a pas d’intérêt financier |
| À la monnaie | → Prix d’exercice équivalent au prix de l’actif |
| Option américaine | → Peut être exercée à tout moment avant l’échéance |
| Option européenne | → Exercice possible uniquement à l’échéance |
Un investisseur peut donc choisir d’acheter ou de vendre un actif à un prix et une date fixés, après paiement d’une prime. Son objectif : se placer dans la monnaie, c’est-à-dire tirer parti d’une évolution favorable du marché. Le concept paraît simple, mais il exige une lecture attentive du contexte financier.
Comment se fixe le prix d’une option ?
Le prix de l’option, autrement dit la prime, compense le risque pris par le vendeur. Celui-ci s’expose à la possibilité de vendre son actif à un prix moins favorable que le marché (pour une option d’achat) ou d’acheter à un niveau moins attractif (pour une option de vente). Pour équilibrer la balance, il encaisse cette prime, dont le montant fluctue selon plusieurs critères : type d’option, volatilité du sous-jacent, taux d’intérêt applicable, et deux composantes déterminantes :
Voici ce qui entre dans la composition du prix :
- Valeur intrinsèque : c’est la différence entre le prix actuel de l’actif sous-jacent et le prix d’exercice de l’option au moment de l’achat. Elle mesure le gain immédiat si l’option était exercée sur-le-champ.
- Valeur temps : elle correspond à la capacité de l’option à prendre de la valeur d’ici l’échéance. Plus la date de maturité est éloignée, plus cette valeur est élevée. Mais à mesure que l’échéance approche, la valeur temps fond, car la marge d’évolution du marché se réduit.
En clair, une option sera d’autant plus attractive que le prix d’exercice est bien positionné, que la maturité laisse du temps pour que le marché évolue, et que la volatilité de l’actif sous-jacent promet des variations marquées.
Options ou contrats Futures : attention à la confusion
Il arrive que l’on confonde options et contrats à terme (ou « Futures »). La différence est de taille. L’option donne un droit, sans obligation : l’investisseur décide, selon les circonstances, d’exercer ou non son droit d’achat ou de vente. Avec un contrat à terme, il n’existe aucune échappatoire : l’acheteur comme le vendeur s’engagent à honorer l’opération au prix et à la date fixés, quelle que soit l’évolution du marché.
À noter : les exemples ici concernent les options dites « simples ». Il existe des options « exotiques », dont les règles peuvent devenir nettement plus complexes et dont la combinaison intéresse surtout les investisseurs aguerris. Pour qui souhaite s’aventurer sur ce terrain, discuter avec un expert en placements peut s’avérer très utile.
Puis, il existe aussi un autre produit, au fonctionnement voisin : le mandat.
Rien n’empêche d’approfondir, de se former ou de tester, mais dans l’univers des options, prudence et discernement restent des alliés précieux. Le marché des contrats d’option ne tolère guère l’improvisation… ni l’approximation.


